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Hypertraces 1999 -Transit(e)

INTERACTIONS URBAINES, PROCESSUS ET METHODOLOGIE.

INTER-ACTION

Récemment encore, l'expansion des réseaux de communication signifiait l'ultime poursuite de la logique moderniste, de la dissolution de la ville par le phénomène du " sprawl ", à l'adoption unanime d'un modèle urbanistique a-culturel, la " cité générique ". Si la voiture à bel et bien transformé l'urbain en bouleversant l'unité logique qui existait entre espace et temps, les nouvelles technologies de la communication transforment radicalement l'urbain dans son rapport à l'espace et au temps.

L'économie globale ou l'augmentation du trafic aérien sont des phénomènes récents prouvant que l'interactivité ou la mobilité peuvent être perçu comme la présence d'une " urbanité " dans une autre, pour autant qu'elles soient toujours différenciées. L'échelle macroscopique qu'ils proposent, a définit la première phase du changement, l'implosion de l'espace, du local au global, et l'avènement au niveau urbanistique du modèle générique.

La mise en place du réseau global (bien qu' à la base, celle-ci suive tout à fait le modèle générique) a mené à la deuxième phase du changement, l'implosion de l'espace en faveur du temps, du global au glo-cal, et à la mise en place de l'urbain comme support d'évènements et d'informations. L'augmentation des flux d'information, leur transmissibilité et leur nécessité, a imposé de nouveaux territoires et de nouvelles logistiques à la hiérarchie urbaine existante. La matrice locale de la ville, constamment exposée à l'influence des environnements 'globaux et immatériels', s'est transformée en matrice glocale, générant et générée par des flux matériels et immatériels. Par conséquent le modèle social ville se transforme d'un état statique et localisé, en une condition temporelle partiellement délocalisée. La densité urbaine, et la congestion qui en découle, est ainsi un dispositif plus médiatique que spatial, les nœuds d'informations se formant là où on la condense. L'urbain s'est transformé d'un système planétaire homogène et centralisateur, en une conception en systèmes relationnels, de toutes importances, hétérogènes et dispersés, générés par l'information et la communication.

Désormais, la ville est une matrice instable de multitemporalités et de multispatialités, ouverte à la fluctuation interne et environnementale de l'information.

INTER-NET, INTER-URBAIN

Les nouvelles technologies nous confrontent à la séparation du concept 'ville' de celui de l'urbain. Cette séparation redéfinit l'espace collectif en une condition d'accessibilité et de connectivité. L'existence d'une information est fonction de sa transmissibilité. Cette transmissibilité est le facteur essentiel du nouvel " espace public ". Le fonctionnement parallèle du système des réseaux d'information (internet) et des systèmes urbains évolués (phase 1) rend l'existence de l'un impossible sans l'autre. Cette présence d'un système dans un autre, l'intertextualité, se manifeste, comme dans l'hypertexte, à travers la structure des liens, la combinaison des fragments, la coexistence de la différence, la génération d'interactions et la simultanéités des possibilités.

INTER-FACES

Tant au niveau de la conception que de l'usage, les nouvelles technologies sont devenues des interfaces indispensables dans la création de l'urbain. L'inhérente instabilité des flux d'information illustre la fluidité de l'espace et du temps et est à la base même de la crise de l'urbain comme modèle spatial. La description de la condition urbaine comme un champ relationnel est la conséquence immédiate d'une pensée formelle, qui conçoit l'espace comme une matrice interactive, une interface ou un médium de l'information et de la communication.


© Naziha Mestaoui + LAB[au] 2000