titre.gif (1451 bytes)  Contexte :

Le projet, 'Lightscape(s)_displacement maps' , est le résultat d’une collaboration entre 5 jeunes architectes sortants, Pieter Desmedt-Jans et Kim Pecheur, de Sint Lucas, et Manuel Abendroth, Jérome Decock et Naziha Mestaoui, de La Cambre.

Le projet est conçu a l'occasion d'un workshop organisé par Electrabel / Sibelgas et a accompagné la présentation du 20.01.1999 du nouveau catalogue d’armatures d’éclairage public pour la région bruxelloise.

Groupe d'accompagnement

L'élaboration du projet s'est étendue sur une période de deux semaines et s'est fait avec l'intervention des représentants des deux instituts, Jan Bruggemans (Sint Lucas) et M.Pesleux / P.Neirink( La Cambre) et des spécialistes de l’éclairage, Riet Vandenbranden et J.Van Lierden ( Kreon, éclairage de bâtiment) et C.Mertens (sibelgaz- Electrabel ,éclairage public )

Site :

Le projet Lightscape(s) est une étude urbanistique portant sur un terrain spécifique, le Heysel.

Le plateau du Heysel a trouvé son identité à travers une série d’événements, comme les deux expositions universelles, les grands événements sportifs et les foires commerciales.

  fleche12.gif (899 bytes) plateau du Heysel

A l'heure actuelle le paysage du plateau de Heysel est en total décalage avec sa fréquentation qui se compte en millions de visiteurs. Il sera également un des lieux importants pour des événements comme l'euro 2000 et Bruxelles, capitale culturelle européenne - 2000. La journée le site manque d'aménagement de l'espace public et la nuit le site est baigné dans un brouillard orange continu aplatissant tous contrastes et empêchant toute mise en valeur du site et de ses bâtiments.

fleche12.gif (899 bytes)  situation existante

Projet :

Le travail sur le plateau du Heysel utilise la lumière pour mettre en évidence le caractère exceptionnel de ce site dans le paysage urbain bruxellois. Le projet 'lightscape(s)' transpose ainsi le point de départ du projet, concernant la mise en éclairage du stade du Heysel, à l'échelle de la ville. L'étude se comprend comme un travail complémentaire aux travaux en cours tout en intégrant des dispositifs de lumière qui se manifestent autant la journée que la nuit. En conséquence le projet propose une approche globale explorant le rôle que peut jouer la lumière comme générateur de l'urbain. Le projet dépasse le cadre habituel de réflexion de l'éclairage public associé à des critères de sécurité et élargit le champs d'investigation à des réflexions urbaines et montre les dimensions culturelles que peut avoir l'éclairage public.

Le projet part de l’idée d’appliquer des ambiances lumineuses contrastées en couleur et en intensité sur les différents équipements (Brupark, Palais des expositions, Atomium, stade, etc.), et d’exploiter d'une part la capacité qu’a la lumière de générer des images fortes, d’identifier un paysage d’exception, un paysage dynamique et d'autre part d'effacer des paysages tout entiers. Le plan de lumière structure ce paysage à travers les thèmes de point, ligne, surface et interface tout en accentuant ou en effaçant ces dispositifs.

Animation :

Le manque d'outils de travail pour appliquer et vérifier des hypothèses sur la lumière a l'échelle urbaine nous a amené à explorer les possibilités des programmes informatiques utilisés dans le milieu du cinéma, permettant des simulations dynamiques. Les fonctions dynamiques des programmes de modélisation ont permis de travailler avec la lumière, matière immatérielle et variable, avec une vision globale et dans une logique autant temporelle que spatiale. La représentation tridimensionnelle de la lumière a permit de visualiser à tout instant les différentes hypothèses projetées.

L'exploitation et la conceptualisation de fonctions, appelées' displacement maps' ont ainsi dépassé la simple application de l'outil informatique et ont amené à une intégration active de celui-ci dans le processus de la création même. La démarche s'appuie sur des processus scientifiques qui permettent à la fois un travail de conceptualisation et de formalisation.

La réalisation d'une animation a permit de communiquer le processus de travail et les différentes étapes parcourues mettant en évidence les facultés de la lumière.

Les différents arrêts sur images tirés de cette animation montrent les variations successives d’ambiance et d’intensité lumineuse et les cycles temporels qui y sont liés.

Dans un premier temps, les déformations de la grille, correspondent aux variations d’intensités, dans un second temps, elle montre les variations d’intensités liées au temps, aux différents cycles des activités (le stade est éclairé pendant un match)… et dans un troisième temps elle montre le contraste entre un travail sur les couleurs dans le site et le brouillard orange existant.

La grille montre le travail d'accentuation des contrastes d'intensité et de couleur par rapport à une grille du temps dynamique. Les déformations successives de la grille filaire permettent ainsi de visualiser les configurations paysagères (landscapes) obtenues et de se promené à l'intérieure de ce paysage. La grille est une synthèse visuelle de toutes les fonctions existantes ou projetées de la lumière

   fleche12.gif (899 bytes) intensité

   fleche12.gif (899 bytes) temporalité

   fleche12.gif (899 bytes) couleur

Lightscape(s) :

Les variations d’ambiances lumineuses sont obtenues grâce à des dispositifs de mise en éclairage d'élément du type POINT -LIGNE -SURFACEINTERFACE formant l'ensemble du paysage projeté.

POINT- le travail de repérage d'éléments (point) a éclairé et leur regroupement respectif a amené à un travail sur quatre configurations paysagères, appelées séquences. 'Le 'runway', 'le highway', 'l'axe 35_58' et 'le skyline' sont devenus des thèmes qui ont guidé et qualifié l'intervention paysagère. L'idée des séquences consiste à identifier les configurations spatiales principales du site et la manière de les approcher.

  fleche12.gif (899 bytes)  point

Séquence 1- L'enchaînement d'éclairages ponctuels soulignant des fragments de bâtiments (type logo) forme une séquence rythmée le long de l'entrée / sortie de la ville – A12. La variation d'espacement entre les luminaires d'autoroute sur le segment du Heysel renforcerait cet effet d'accélération et de décélération. Le travail sur le mouvement lié a l'autoroute a donné le qualificatif de ce paysage, appelé 'runway'

Séquence 2- L'emplacement de deux enseignes lumineuses, en forme de logo représentant le palais 5 et le stade de Roi Baudouin identifient les équipements principaux du site vers le ring, point d'accès principal des visiteurs. Le niveau bas du ring ne permet pas un contact visuel autre que l'emplacement en hauteur des signes lumineux. L'usage du vocabulaire des ' highway' américain renforce ce paysage dans son coté périphérique -ring.

Séquence 3- La rénovation de l'éclairage d'origine de l'Atomium et la mise en lumière du palais 5 des expositions valoriserait l'axe monumental ' axe 35-58 '. Ce meuble urbain est un des éléments majeurs structurant à l'intérieure du site du plateau du Heysel

Séquence 4- L'éclairage d'une série d'édifices (stade roi Baudouin, le toboggan d'Océade, le planétarium, l'Atomium et l'église du sacré Cœur ) formerait tout en profitant de la topographie du plateau du Heysel, un réel skyline, faisant office de façade principale vers la ville. Une skyline formé autour des signes hétérogènes reflets de la grande diversité du lieu.

LIGNE- Le travail sur les espaces intermédiaires entourant les différents équipements du Heysel a mené à la création d’un parcours connectant l’ensemble des flux existants à travers leur point de chute obligatoire, les parkings.

fleche12.gif (899 bytes)  ligne

La diminution de l’intensité lumineuse sur ces endroits permet une augmentation de contraste entre les différentes entités.

La perte d’intensité lumineuse est compensée par le traitement du sol, par exemple en utilisant des couleurs ou matériaux réfléchissants tout en traçant un nouveau parcours a travers ces différents fragments. L'utilisation du parcours comme support graphique renforce celui-ci comme support d'orientation et d'information. Le travail sur le parcours illustre la recherche sur l'emploi des matériaux différenciés directement lié avec le travail de la lumière. L'usage de réflecteurs, de peintures autoluminescentes et de revêtements réfléchissants a formé une gamme de principes techniques sur lesquels se base cette intervention.

SURFACE- Le travail sur les surfaces ( 'Stade roi Baudouin, Brupark …..) la différenciation de ces entités, les équipements et l’accentuation de leur intensité lumineuse a amené au traitement du stade comme objet lumineux. L'usage de lumière colorée, mise en correspondance aux secteurs d'accès public du stade, pour éclairer le dessous des tribunes, exploite la lumière comme une signalétique. Un anneau lumineux encercle le stade sous forme d'une bande déroulante programmable et actualisée, transportant l'information d'un point de vue à un autre, pour tout le plateau du Heysel.

  fleche12.gif (899 bytes)  surface

INTERFACE- Le travail sur le parking C traite l’accès principal au Heysel comme une intervention paysagère à grande échelle.

Les plots de béton sont enduits d’une peinture phosphorescente générant une étendue colorée le jour, et un paysage lumineux la nuit.

   fleche12.gif (899 bytes)  interface

Le projet exploite la lumière dans une logique autant spatiale que temporelle tout en élargissant le cadre habituel de l'éclairage public pour créer un paysage urbain marquant. La lumière n'est plus considérée comme un dispositif isolé, pensé dans un cadre souvent trop pragmatique, mais s'intègre aux réflexions sur l'environnement à part entière. Le travail sur l'éclairage public exploite la lumière comme un dispositif d'une importance capitale pour caractériser le paysage urbain, dans ce cas, celui d'un site d'exception et lieu d'événements de grande échelle.

L'éclairage public dépasse la simple question du dispositif technique et pratique, pour devenir celui du support polysémique, élargi à l'échelle de l'urbain, d'un support culturel.

En général, le traitement du site du Heysel montre la variété d’ambiances possibles à travers des dispositifs lumineux et propose une réflexion sur l’enjeu urbain que représente la lumière dans la ville.

LAB[au] : M.Abendroth, J.Decock, N.Mestaoui + K. Pecheur, P. Desmedt-Jans, 1999.