La
loi d’accommodation chez les borgnes
1928 | 1996
Ce
scénario du célèbre dadaïste
Francis Picabia n’a jamais été porté
à l’écran.
Et pour cause, il se présente comme un texte dont
l’imaginaire de chacun serait le metteur en scène.
La
structure non linéaire du texte se prête
par contre parfaitement
à une adaptation multimédia. Le principe
est simple : le récit est découpé
en une multitude de cellules indépendantes. La
voix-off reprend textuellement
le texte original de 1928 tandis que les images qui correspondent
nous ramènent
à une vision très personnelle de notre réalité
quotidienne.
Tous les personnages sont filmés séparément
et incrustés dans des décors graphiques,
entre l'interface informatique et la photographie. Leur
rencontre, activée par l'utilisateur, est donc
purement virtuelle, même si elle peut paraître
réelle à nos yeux, comme les marionnettes
humaines de l'invention de Morel (Adolfo Bioy Casares).
Ils deviennent ainsi les pantins d'un utilisateur qui
devient peu à peu à son tour le pantin du
programme, orchestré par Francis Picabia, lui-même.
Les huit personnages évoluent donc au gré
de l’utilisateur jusqu’à ce que celui-ci
soit à son tour piégé par le système.
Le détournement des systèmes est une pratique
récurrente qui accompagne l'histoire de l'art et
celle des technologies.
Ici l'écran est une petite scène de théâtre
et déjà
La
loi d’accommodation chez les borgnes est un projet
de fin d’études présenté à
l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Decoratifs
de Paris en section Communication Visuelle / Multimédia
en fin d'un cursus riche pour ses diverses hybridations.
Conception, réalisation, Design : Yacine AIT KACI